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Julien Gracq

Lecture de deux passages de La forme d’une ville (José Corti, 1985) où Julien Gracq évoque le muséum et le précédent temple protestant construit en 1855 à l’emplacement du square et détruit par le bombardement de 1943.


Couverture du livre

« Le revers ouest de la colline Graslin, qui descend en pente douce par les rues Copernic, de Gigant, Voltaire, vers la Chézine embastillée, donne, après l’animation de la place du théâtre, l’image du retour au calme bourgeois, obsédé de privauté, et un peu morne, qui est celui de tant de quartiers de la périphérie proche : les ondes de silence que propage autour de lui le temple protestant de la place de l’Edit de Nantes, le calme sédatif irradié par le Musée d’Histoire Naturelle, semblent vouer le quartier à une vie végétative, toute murée sur les réquisitions secrètes du for intérieur (une touche calviniste et rigoriste reste la composante obligatoire de la physionomie de la ville, à peine moins célèbre d’ailleurs que Bâle pour le déchaînement de son carnaval. » (p. 98)


« Le musée Dobrée et le musée d’histoire naturelle, dont j’ai pris le goût ici, m’ont toujours produit, quand j’y pénètre, l’effet d’un ombrage frais par une journée de canicule : j’aime à m’y promener à pas lents, sans m’arrêter, comme on se promène sous une allée de tilleuls : il me semble que des deux côtés, sur mon passage, la création fait la haie, et que je fais moi-même à la garnison de l’arche, non l’affront pédantesque d’une revue de détail, mais plutôt la politesse – tant les nourritures terrestres, au long de ma vie, m’ont comblé – d’une visite de digestion. » (p. 99-100)




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