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Historique du loch

Le Log

La première méthode connue pour mesurer la vitesse d'un navire consistait à jeter par-dessus bord, par le travers de l'étrave, une bûche de bois (log en hollandais) et à compter le temps mis par cette bûche pour atteindre l'arrière. La longueur du navire étant connue, il était possible d'en déterminer la vitesse :

(vitesse = distance parcourue / durée du déplacement)

La méthode est ainsi décrite par François Bellec dans son roman L'arbre de nuit :

Toutes voiles dehors, la flotte courait quelque huit cents lieues par jour.
À la vitesse d'un Ave Maria, disait le pilote. Cette unité de mesure pieuse s'expliquait par un procédé simple et laïc.
Comme tous ses confrères, maître Fernandes mesurait la course en appréciant la durée du défilement le long du bord d'un billot de bois jeté à l'étrave sur un coup de sifflet du contremaître.
Sachant que la caraque mesurait 170 pieds, il en déduisait par l'arithmétique la vitesse du navire.
La prière à la Vierge Marie était un texte idéal pour effectuer la mesure du temps car il se murmurait en un tiers de minute.
Il présentait l'intérêt supplémentaire de doubler l'opération d'un message en direction de Notre Dame.

Ave Maria, gracia plena, Dominus tecum : benedicta tu in mulierebus, et benedictus fructus ventris tui, Jesus. Sancta Maria Mater Dei ora pro nobis peccatoribus, nunc et in hora mortis nostrae. Amen.

Quand le billot passait à Santa Maria Mater Dei la caraque courait mille lieues, et huit cents quand il défilait à l'Amen final. La plupart du temps, la reprise d'un second Ave était nécessaire pour attendre le passage du marqueur. Au second Amen, la course journalière n'était plus que de quatre cents lieues.

Extrait de L'arbre de nuit, François Bellec, Editions JC Lattès 2012.



Le loch à bateau

En 1577 dans son ouvrage A regiment for the sea, l'anglais William Bourne1 présente une méthode plus précise de mesure de la vitesse, à l'aide d'un loch à bateau.
Cet instrument était composé d'un triangle de bois lesté relié à une ligne de plusieurs centaines de mètres de long et enroulée sur un tambour de bois.
Il fallait trois matelots pour effectuer la manœuvre du loch.

Tentatives d'amélioration du loch

Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle des améliorations du loch visant notamment à affranchir la mesure de la vitesse des navires de celle des courants sont proposées. On pense alors que ces mouvements de l'eau, encore mal connus, sont provoqués par le vent et ne sont sensibles qu'en surface.



1BOURNE William : mathématicien et écrivain anglais, v.1535-1582.



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