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L'enseignement de l'hydrographie en France au XVIIe siècle.

L'ordonnance de 1681 précise la distinction des fonctions entre le commandant du navire et le pilote.


Le commandant reçoit des propriétaires du navire la responsabilité du bateau, de l'équipage, des passagers et de la cargaison.
Il est indistinctement capitaine, patron et maître : capitaine comme étant à la tête du navire et de l'équipage, patron comme en étant le protecteur et maître comme pouvant prendre toutes les décisions le concernant, sauf le vendre.
L'ensemble des faits concernant ces éléments doit figurer dans un Registre tenu journellement par le commandant ou, sous sa responsabilité, par l'écrivain de bord.

Le pilote est le premier matelot du navire, dont les fonctions sont de conduire et commander à la route, tant au cabotage qu'en navigation hauturière vers les Indes, les Antilles, le Levant, le Groenland ou les Amériques.
Le pilote possède en propre les cartes et les instruments de navigation nécessaires à la détermination de la bonne route du navire.
Le commandant doit impérativement prendre son avis.

Évolution des fonctions.

À partir de la publication de l'ordonnance il devient impératif pour recevoir un commandement de faire la preuve de ses capacités à tracer la route d'un bateau.
Par contre, un pilote expérimenté sera réputé apte à recevoir un commandement sans avoir à prouver ses capacités à l'exercer.
Ainsi, dans les faits, le temps passant, les deux fonctions se confondent.
Celle de pilote ne subsistera que dans la prise en charge du bateau à proximité de certains rivages ou certains ports, comme encore aujourd'hui.
De même que les fonctions le Registre et le Journal de navigation se confondent pour devenir un Journal de bord.

La formation des pilotes.

La lourde charge de pilote ne peut être confiée qu'à un personnel expérimenté et formé.

C'est pourquoi L'ordonnance de 1681 prévoit l'installation dans les principaux ports du royaume d'écoles d'hydrographie assurant des cours publics et gratuits de navigation.
La capacité du candidat pilote (âgé de plus de 25 ans) est reconnue par un jury formé du professeur d'hydrographie, deux anciens pilotes et deux maîtres de navire réunis en présence d'officiers de l'Amirauté.
Pour obtenir sa qualification le candidat doit avoir navigué plus de cinq ans, participé à deux campagnes de trois mois sur les vaisseaux du Roi et effectué plusieurs voyages en mer dont il doit faire la preuve en présentant le Journal de navigation qu'il a tenu pendant chacun de ses voyages.

Rien n'est dit sur les conditions de recrutement des professeurs.

Ce sont parfois des capitaines ou des pilotes qui ayant terminé leur carrière à la mer se consacrent à l'enseignement.
Ce sont parfois des prêtres ayant mission d'enseigner. Ainsi, jusqu'à leur expulsion du royaume en 1763 les Jésuites ont animé plusieurs écoles d'hydrographie.

Le contenu des cours.

Les matières à enseigner par le professeur d'hydrographie sont présentées dans les Commentaires de l'Ordonnance de 1681, publiés en 1714 (article 1 du titre VIII de l'ordonnance).


page 65 du journal page 66 du journal

Le contenu des cours peut être considéré du point de vue de l'enseignant et du point de vue de l'élève.

De nombreux traités de navigation et ouvrages pédagogiques permettent de percevoir le point de vue de l'enseignant.
Les différentes éditions du Traité complet de la navigation (1698 et 1706), ouvrage de Jean Bouguer professeur royal d'hydrographie au Croisic de 1691 à 1714 et du Nouveau traité de navigation (réédité jusqu'en 1760) de son fils Pierre qui lui succède au Croisic avant d'être nommé au Havre permettent d'apprécier l'évolution de l'enseignement et des connaissances sur toute la première moitié du XVIIIe siècle.


Le point de vue de l'élève, beaucoup plus rare, apparaît dans le traité de navigation de Jean-Baptiste Denoville, manuscrit jamais édité avant sa découverte en 2008 par l'Association Science en Seine et Patrimoine.
Jean Baptiste Denoville (1732-1783), pilote à Dieppe, prisonnier sur l'honneur en Angleterre pendant la guerre de Sept ans (1756-1763), occupe son temps de captivité à mettre par écrit ses connaissances théoriques et pratiques de pilote dans un des principaux ports du royaume.
Son manuscrit, achevé en 1760, constitue un rare témoignage du savoir de celui qui devient pilote et le demeure.


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