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Historique du compas de marine

Un ancêtre, toujours bien vivant : la boussole.

La boussole est un instrument sensible dont l'aiguille indique dans toutes les situations la direction du nord magnétique.

En Chine quatre siècles avant notre ère les paysans chinois du Henan qui quittaient leurs villages pour aller ramasser du jade avaient remarqué la propriété étonnante des fragments d'une pierre brune, la magnétite [1]. Lorsqu'ils flottaient sur un liquide ces morceaux de minerai s'orientaient naturellement dans la direction nord-sud.
Au XIe siècle les métallurgistes chinois mettaient au point deux méthodes pour transférer cette propriété à une aiguille en fer. La première consistait à l'aimanter par frottement à la magnétite, la seconde à la chauffer au rouge puis à la refroidir dans la direction nord-sud.

Assurés par l'aiguille de retrouver la bonne direction, les marins chinois osaient alors quitter les eaux fluviales et s'aventuraient sur les mers. Ainsi, au début du XVe siècle, guidée par la boussole, la flotte de Zheng He[2] atteignit les côtes d'Afrique à travers l'Océan Pacifique et l'Océan Indien.

En occident, l'usage de la boussole est attesté au début du XIIIe siècle. Dans son long poème intitulé La Bible, paru vers 1204, Guiot de Provins[3] la désignait sous le nom de Marinette.

Bien protégée dans une petite boîte[4] l'aiguille aimantée donnait aux voyageurs l'indication précise et fiable dont ils avaient besoin pour choisir leur chemin.

Au milieu du XIIIe siècle la boussole commençait à être utilisée sur les navires européens. Les marins pouvaient s'éloigner des côtes jusqu'à les perdre de vue avec la sécurité de revenir à leur point de départ en suivant la direction inverse à celle de l'aller.

C'est la boussole qui permit à Christophe Colomb d'assurer sa route sur la Santa Maria. Pendant sa navigation de 1492 le génois observait et confirmait le phénomène déjà connu de la déclinaison magnétique mais n'a pas remarqué le phénomène de déviation provoquée par la présence de fer à proximité de l'aiguille aimantée.


Le compas de marine.

En Méditerranée la connaissance des vents était un des meilleurs moyens d'orientation. Les vents recevaient leurs noms des régions d'où ils provenaient. Cette rose méditerranéenne n'était qu'indicative et localisée, les directions et les noms des vents variant souvent d'une zone à l'autre.

Rose des vents avec les noms des vents

L'expression "compas de marine" commença à être employée quand l'idée de disposer sous l'aiguille une rose nautique permit d'associer les directions des vents à celle indiquée par la boussole.

L'utilisation des noms des vents méditerranéens n'ayant aucune pertinence pour la navigation en Atlantique, ils furent remplacés par les quatre points cardinaux et douze points intermédiaires. Cela donna naissance à la rose des vents à 16 pointes, tracée sur un support fixé dans la boîte. Petit à petit la rose de 32 vents, plus précise, s'imposa pour la navigation océanique.

Rose des vents avec les 4 points cardinaux

Le remplacement de l'aiguille par des barreaux aimantés fixés sous la rose, puis l'invention par l'italien Cardan[5] d'un système de suspension évitant les perturbations dues aux mouvements du bateau rendirent plus aisé l'usage du compas de marine.



[1] La magnétite : ce nom provient des monts de Magnésie en Asie Mineure où ce minerai abondait.

[2] Zheng He : amiral chinois (…. – 1433)

[3] Guiot : moine et poète français né à Provins vers 1150.

[4] En italien "petite boîte" se dit "bossolo".

[5] Jérôme Cardan : mathématicien, mécanicien et médecin italien (1501-1576).


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